Comment larguer quelqu’un en 2021 ?

Bonjour petites existences paisibles, enfin pas tant que ça.. car si vous trainez ici c’est que vous vous apprêtez à faire quelque chose de terrible…

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Maintenant, sortez le pop-corn salé, et place à notre sujet du jour qui va l’être aussi : j’ai nommé la rupture !

Beaucoup d’entre nous trouvent politiquement correct le fait de quitter sa.son partenaire en face à face.

Beaucoup d’entre nous mériteraient d’être internés.

Je vais vous montrer l’absurdité de la chose.

Ce concept de quitter quelqu’un en « présentiel », très répandu dans notre société actuelle, a du être théorisé à au moyen-âge.

En fermant les yeux et en fronçant les sourcils très forts, on arrive à imaginer que les pigeons voyageurs n’étaient pas fiables à l’époque niveau transmission des messages importants à la bonne personne, et qu’on était donc bien obligés de se déplacer pour se quitter.

STOP. Arrêtez de croire tout ce que j’écris bon sang. Je vous raconte n’importe quoi parce qu’à l’époque on ne se quittait pas, on se trompait régulièrement avec tout le canton mais on ne se séparait pas, ou alors on mourrait à la guerre, mais les possibilités de mettre fin à une relation s’arrêtaient là.

Tout ça pour dire que je n’ai pas d’infos à vous donner sur les origines du concept de larguer quelqu’un en live, mais mon petit doigt me dit que le marquis de Sade pourrait y être pour quelque chose tellement la démarche est… sadique.

Parce que quand on y pense, à quoi bon voir une personne pour lui annoncer que vous ne voulez plus la voir ? 

Si ce n’est pour :

  1. La placer dans une situation difficile et la regarder se débattre en direct avec ses émotions : (envie de pleurer, hurler, disparaître, oublier, manger du chocolat, mourir, tuer, et en même temps ne rien montrer)
  • 2. La faire se déplacer inutilement (ben oui, parce qu’on largue rarement une personne chez elle)

  • 3. Augmenter sa douleur par la surprise (parce qu’on prévient rarement la victime qu’on va la larguer, et c’est même l’extrême inverse qui se passe en général, à croire qu’il ne faudrait surtout pas que l’on démasque vos intentions à l’avance, donc c’est parfois bisous, câlins, mots d’amour, rdv dans un restaurant, et PAF couteau à fromage dans le coeur)
Starting pack du largueur
  • 4. Dire n’importe quoi face à la souffrance de l’autre (« c’est pas toi c’est moi » kind of style), s’emmêler les pinceaux, donner de l’espoir et devoir corriger ensuite par sms (« euh quand je te disais que j’avais besoin de temps, ça voulait dire toute la vie en fait, déso si j’étais pas clair« )
  • 5. Cerise sur le gâteau : vous mettre à douter vous-même d’avoir fait le bon choix, attendri par les larmes ou décontenancé par le calme insoupsonné de la personne larguée.

Et vous, les victimes de ces ruptures barbares, n’êtes vous pas un peu masochistes sur les bords pour scander à droite à gauche que vous préférez qu’on vous quitte en direct?

Comme à mon habitude, et parce que je suis dévouée pour mes chroniques, j’ai testé pour vous l’endroit puis l’envers du décor.

Situation 1, j’ai largué Milou pour Alfred par téléphone : Lorsque j’ai rencontré Alfred, vous vous doutez bien évidemment que j’étais déjà avec quelqu’un, sinon ce n’est pas drôle. Or, je me voyais mal donner rendez-vous au gentil Milou pour lui annoncer que je le quittais pour un autre. Pourquoi ne pas les présenter tous les deux tant qu’on y est? J’ai donc opté pour l“appel à un futur ex petit ami”.

Résultat ? Je m’en suis plutôt bien tirée, donnant des explications claires car n’étant pas devant une tête de mec décomposé, tête qui m’aurait sûrement incitée à dire “mais non, je blague, je t’aime t’as raison” juste pour mettre fin à sa torture. Par contre, mes amies s’en sont beaucoup moins bien tirées puisque Milou a passé la soirée à les appeler les unes après les autres pour obtenir plus d’informations sur le mystérieux Alfred. Il passa ensuite des jours et des nuits à me reprocher de l’avoir largué par téléphone. Mais peu importe, j’ai fait ça pour son bien. Je lui ai ensuite accordé une rencontre pour qu’on puisse discuter à tête reposée, sans drama.

Situation 2, Alfred m’a larguée en direct (le karma, riez) : Lorsqu’Alfred m’a trompée et qu’il a décidé de rompre, il a eu cette présence absence d’esprit de me convoquer en direct pour me l’annoncer. Evidemment, puisqu’il fallait à tout prix ne pas me larguer par téléphone ni par sms parce que « c’est pas bien », il a fait mine de rien jusqu’à ce que je me retrouve en face de lui dans un bar branché de la capitale.

Il m’a donc donné rendez-vous une veille de Noël, et le mystère sur la raison du rendez-vous était si bien gardé que j’avais mis ma plus belle tenue, étais passée chez le coiffeur et avais acheté un nouvel ensemble de lingerie. Et c’est ainsi qu’au milieu des regards parisiens avides de divertissement, je me suis retrouvée piégée avec mon propre coeur qui servait de plat de résistance à la personne en face de moi.

En moins du temps qu’il me fallait pour boire un shot, mon conte de fées s’effondrait. Mon ventre se contractait mais ma mâchoire se contorsionnait pour afficher un semblant de sourire. Mes yeux commençaient à pleuvoir, alors je me forçais à les maintenir ouverts pour les assécher. Mes mains tremblaient, alors je faisais mine de taper la table au rythme de la musique. Mes pensées prenaient une allure apocalyptique et je voulais me téléporter chez moi, ce qui s’est traduit à l’oral par : ben c’est pas grave tu sais, ça arrive les dérapages, je ne t’en veux pas”. Ce filou m’avait piégée dans un lieu public où je ne pouvais que me contenir, peut-être pour se protéger d’une gifle et d’une crise d’hystérie. Pas bête la bête.

« Non mais tu n’as pas compris. Si je suis capable de te tromper c’est que je ne t’aime pas assez.. donc c’est fini« , me répondit-il. Coup de poignard après coup de poing, ce coeur sur le point d’exploser prenait un sacrée raclée. J’étais donc prête à accepter la tromperie, mais ce n’était pas l’idée. L’idée ? C’était de m’inviter au restaurant sans que je me doute que j’allais me faire larguer en dessert. Et vous oserez me dire que c’est politiquement correct ? Qu’ « au moins il m’a larguée en direct, qu’il aurait pu faire ça par textos ? »

J’ai dépensé 80€ de train pour le rejoindre, refusé une soirée chez des amis, acheté un nouvel ensemble de lingerie, pas mangé pendant 4 jours pour rentrer dans une robe qui devait faire de moi la concurrente directe de Jessica Alba, passé 4h dans la salle de bain à poser du mascara qui n’était même pas waterproof. Tout ça pour avoir le privilège d’entendre l’homme que j’aimais me dire droit dans les yeux qu’il ne m’aimait pas ? Alors clairement, j’aurais préféré un sms.

Sauvez des coeurs, épargnez-les, pitié.

pssssssit : La Love Désintox est désormais sur INSTAGRAM ! Abonnez-vous et on vous quittera par message sur une banderole tractée par un avion, la prochaine fois.

Ciao bisou, E.P.M

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